samedi, septembre 27, 2008

Oh! Nuit magique!

Aujourd'hui, j'ai goûté à une soirée délicieuse... en compagnie des gens merveilleux, de la pluie, de la brume et du vent. En rentrant de ma soirée de practika-milonga, j'ai marché dans la nuit pluvieuse de l'avenue Du Parc. Le vent était d'une légèreté surprenante... la pluie tombait à peine plus fort que des cheveux d'ange dans un fond de brume qui soupirait. Je la trouve tellement délicieuse que je ne voudrais pas qu'elle s'arrête. Ma porte patio est en ce moment ouverte. Je continue à déguster cette légère brise. Tout-à-coup, des souvenirs des nuits pluvieuses taïwanaises me saisissent. J'aime cette familiarité qui me revisite... elle est si intemporelle, dépourvue de toute situation géographique !



Mes dernières danses, je les ai partagées avec un jeune homme qui prend des cours de tango dans une autre école, à Studio Tango. Je ne suis pas sure d'avoir toujours compris vers où il voulait me guider.. et malgré tout, ce fut des moments inoubliables... Il était attentif, compréhensif, musicalement réceptif, sensuel. Par moments, j'ai vécu des moments quasi érotico-poétique. C'est difficile à décrire...

J'ai aussi rencontré l'une de mes partenaires de danse, avec qui on a fait la plupart des tango dans les parcs de cet été. J'ai éprouvé un plaisir délicieux à l'observer alors qu'elle dansait avec un monsieur très doué, qui a été une âme chariatable en voulant bien partager son savoir-faire avec sa partenaire. Elle était délicieuse à regarder, car elle avait cette concentration, ce sérieux comme si elle était prête à tout moment à lui poser une question.



mercredi, septembre 24, 2008

Tai-chi sur des airs de tango


Dimanche passé, j'ai recommencé mes cours de tango argentin à Tango Fabrika. Je m’étais inscrite à un cours d’Inter 1, mais vu qu’il n’y avait pas assez d’étudiants pour le cours du dimanche de ce niveau, ils m’ont mis en Inter 2.

Je m’étais dite : « Pourquoi pas ? Je vais aller essayer le cours, je vais faire de mon mieux et essayer de ne pas prendre les choses trop au sérieux. » Je crois que ça a été : je m’y suis bien régalée !

Cette première leçon m’a éclairée sur beaucoup d’éléments que j’avais pressentis depuis mon début d’apprentissage de cette merveilleuse danse. Notre professeure nous a dit : « Le tango, ce n’est pas une série de pas qu’on exécute machinalement, l’un après l’autre. C’est plutôt entre les pas que ça se passe, hein. C’est entre ce pas et le prochain que quelque chose se passe, qu’on danse… ». Donc, prendre le temps de sentir la musique et de l’exprimer entre deux pas, de décorer avec des petites dentelles lorsqu’on a le temps entre deux pas, etc.

Cela vient exactement confirmer ce que je préfère du tango, que je décrirais comme une poésie qui se vit en mouvement. C’est précisément durant cette appréciation du moment entre un pas et le prochain que se passe toute cette poésie… et plus un tango est lent, plus il me permet de vivre ces moments.

Dans nos cours, on change souvent de partenaires, afin de ne pas prendre l’habitude de danser avec qu’une même personne, afin de pratiquer notre capacité d’écoute des mouvements de l’autre, notre adaptabilité… afin d’apprendre des différents partenaires.

Le dernier partenaire que j’ai eu, j’ai adoré son style de guidage. Ce n’était pas nécessairement un guidage des plus ferme, mais c’était clair tout de même ce qu’il voulait faire. Toujours est-il qu’à un moment donné, comme ça, tout d’un coup, je lui ai demandé s’il faisait du tai-chi. Je voulais dire par là, s’il faisait du tai-chi dans sa vie, en général, ce qui aurait pu se traduire dans son guidage du tango, car il guidait avec une douce fluidité très ancrée dans le moment présent, ce qui était vraiment agréable. Par ailleurs, je pouvais aussi sentir du point de vue des énergies une ardeur contenue, discrète et intense lors de ces dernières danses. Je crois que c’est l’un des moments géniaux en tango où la danse est passée du mental au corps-à-corps. Les pensées se sont échappées pour faire de la place à deux masses d’énergie qui rentrent en symbiose. Dans ces moments-là, c’est comme si on est dans une transe, dans un état de la fièvre de l’âme.

jeudi, septembre 18, 2008

Leçon de vie sur la compassion sur une piste de danse en compagnie d'un septuagénaire

Ce soir, je viens de danser à une toute petite soirée de tango argentin. Ma dernière série de danses a été avec un septuagénaire qui était d'une lenteur de tortue adorable...

Je crois que j'ai réalisé ce soir le sens profond de ce que le Dalaï-lama voulait dire lorsqu'il disait que, au fond, toutes les grandes religions ou philosophies du monde ont essentiellement les mêmes messages: bonté, compassion, amour de ses semblables, autodiscipline, etc. Cependant, vu que ces gens ont vécu à différentes époques, ont évolué dans des circonstances différentes, ils ont développé des outils différents, des façons différentes, des traditions, des rituels différents afin d'arriver aux mêmes résultats. Donc, on ne peut en quelque sorte en vouloir aux gens pour leurs différences.. Et que l'important dans toutes ces différences, c'est qu'on poursuit, qu'on aspire à sensiblement les mêmes choses dans la vie.

C'est la même chose en tango argentin. Depuis que je pratique cette danse, je suis toujours assez interloquée de constater sur chaque piste de danse les différences dans l'approche qu'a chaque danseur. Certaines personnes sont très intuitives et t'encouragent à te laisser aller, à t'amuser dans ça. D'autres, comme ce septuagénaire, fait partie d'une culture d'hommes d'une certaine époque révolue où le fait de donner beaucoup de directives, de «conseils» étaient fort de mise. Alors là, oubliez l'intuition, le ressenti. C'est presque du technico-technique!!! «Palm open.», «Come and get me.», «All you have to do is to stay in front of me.», «No, not like this.», «Yes, that’s right. You’ve go it beautifully.», etc. Par ailleurs, je ne peux pas dire que je n’ai pas retiré un certain plaisir à partager ces quelques danses avec ce vieux monsieur, car, tout de même, j’ai réussi à vivre un peu de poésie, vu de combien on allait toujours si lentement. Et, bien sûr, la poésie, c’est ce que j’aime le plus vivre lorsque je danse un tango. Ce que j’aime du tango, c’est plus pour son non mouvement que ses mouvements. C’est, à mon expérience, là où se vit les moments poétiques……..

Je dirais que j'aurais été insultée auparavant, de me faire dire à chaque pas comment danser... mais ce vieux pépé, dont la vitalité ne se comparaissait même pas à celle de mon grand-père maternel... et bien, je l'ai trouvé tout de même chou... d'ailleurs, j'ai souri et ri à maintes reprises en dansant avec lui. Je me disais... ce vieux monsieur... quand même, hein. Il avait de bonnes intentions. C'est seulement que sa façon de vouloir me transmettre son savoir-faire manque un peu de tact et de douceur pour une jeune femme de mon époque... mais sinon, il faisait vraiment de son mieux, avec les meilleures intentions du monde, j'en suis sure.

Peut-être que j’avais une ouverture ce soir… qui donnait une possibilité d’avoir de la compassion pour un autre être humain. Peut-être qu’après tout, c’est toujours une question d’ouverture ou de non ouverture ?