Ce soir, je viens de danser à une toute petite soirée de tango argentin. Ma dernière série de danses a été avec un septuagénaire qui était d'une lenteur de tortue adorable...
Je crois que j'ai réalisé ce soir le sens profond de ce que le Dalaï-lama voulait dire lorsqu'il disait que, au fond, toutes les grandes religions ou philosophies du monde ont essentiellement les mêmes messages: bonté, compassion, amour de ses semblables, autodiscipline, etc. Cependant, vu que ces gens ont vécu à différentes époques, ont évolué dans des circonstances différentes, ils ont développé des outils différents, des façons différentes, des traditions, des rituels différents afin d'arriver aux mêmes résultats. Donc, on ne peut en quelque sorte en vouloir aux gens pour leurs différences.. Et que l'important dans toutes ces différences, c'est qu'on poursuit, qu'on aspire à sensiblement les mêmes choses dans la vie.
C'est la même chose en tango argentin. Depuis que je pratique cette danse, je suis toujours assez interloquée de constater sur chaque piste de danse les différences dans l'approche qu'a chaque danseur. Certaines personnes sont très intuitives et t'encouragent à te laisser aller, à t'amuser dans ça. D'autres, comme ce septuagénaire, fait partie d'une culture d'hommes d'une certaine époque révolue où le fait de donner beaucoup de directives, de «conseils» étaient fort de mise. Alors là, oubliez l'intuition, le ressenti. C'est presque du technico-technique!!! «Palm open.», «Come and get me.», «All you have to do is to stay in front of me.», «No, not like this.», «Yes, that’s right. You’ve go it beautifully.», etc. Par ailleurs, je ne peux pas dire que je n’ai pas retiré un certain plaisir à partager ces quelques danses avec ce vieux monsieur, car, tout de même, j’ai réussi à vivre un peu de poésie, vu de combien on allait toujours si lentement. Et, bien sûr, la poésie, c’est ce que j’aime le plus vivre lorsque je danse un tango. Ce que j’aime du tango, c’est plus pour son non mouvement que ses mouvements. C’est, à mon expérience, là où se vit les moments poétiques……..
Je dirais que j'aurais été insultée auparavant, de me faire dire à chaque pas comment danser... mais ce vieux pépé, dont la vitalité ne se comparaissait même pas à celle de mon grand-père maternel... et bien, je l'ai trouvé tout de même chou... d'ailleurs, j'ai souri et ri à maintes reprises en dansant avec lui. Je me disais... ce vieux monsieur... quand même, hein. Il avait de bonnes intentions. C'est seulement que sa façon de vouloir me transmettre son savoir-faire manque un peu de tact et de douceur pour une jeune femme de mon époque... mais sinon, il faisait vraiment de son mieux, avec les meilleures intentions du monde, j'en suis sure.
Peut-être que j’avais une ouverture ce soir… qui donnait une possibilité d’avoir de la compassion pour un autre être humain. Peut-être qu’après tout, c’est toujours une question d’ouverture ou de non ouverture ?
Aucun commentaire:
Publier un commentaire