dimanche, octobre 19, 2008

Sacha-neh

Ce matin, ce fut une matinée des plus envigorant! J'ai parlé avec grande joie avec quelqu'un qui n'était qu'une connaissance jusqu'à récemment. J'espère de tout coeur qu'on développera une amitié significative, authentique et enrichissante... car je le trouve très inspirant, positif et lumineux!

J'ai également parlé avec mon amie Chantale et on a déconné comme il faut!!! Comme d'habitude, elle ne pouvait pas s'empêcher de me taquiner avec ses expressions «à la française», alors qu'elle est canadienne française. Elle dit qu'elle les dit seulement parce qu'elle sait que ça me fait rire à chaque coup!

Chantale: «C'est ssûR, c'est sssûR, qu'est-ce que tu crois!?!»
Moi: «Ha ha ha ha haaaaaaaaa...........»

Chantale: «Ah, nonnnnn.......... ça alors!»
Moi: «Ha ha ha ha haaaaaaaaaaaaaa.....hi hi hi hi hi hi haaaa.......»

Je suis comme un gros bébé des fois, je ris longuement, en présence des petits riens adorables. Tiens, par exemple, c'est pareil avec l'un de mes chats, Sacha, qui est un semblant de Tabby, rayures toutes confondues, roux pâle et blanc, pappattes et museau roses en prime! Je le trouve craquant et ne peux m'empêcher de ricanner sans retenue lorsque je le vois dans ses petites manies de tous les jours. Aujourd'hui, alors que j'entamais la lecture d'un nouveau roman sur mon balcon («Les dimanches de Monsieur Ushioda», de Yasushi Inoué), Sacha est venu nous rejoindre, Walden (mon autre chat tout noir) et moi. Il était tout endormi encore, mais insistait à rester sur la bordure de la porte-patio qui donnait sur mon petit balcon d'avant. Ses yeux qui avaient peine à s'ouvrir étaient trop choux! Il était trop choux! Je lui ai demandé s'il ne voulait pas plutôt retourner dormir dans mon lit douillet... rien à faire, il était trop endormi pour envisager la possibilité d'un retour vers la chaleur des draps. Alors, du coup, j'ai ri, tout seule, sur mon balcon, avec mes chats. Les passants dans la rue devaient penser qu'ils passaient devant chez quelqu'un de légèrment timbrée... ha ha ha ha haaaaaaa.. hi hi hihihiiiiii.... Oh, que j'aime la Vie! Oh, que j'aime rire de tout mon coeur!

vendredi, octobre 17, 2008

Délices égoïstes

Hier soir a été ma première séance de bénévolat depuis très très longtemps. Depuis quelques mois, j’avais entrepris les démarches afin de dénicher un endroit où j’aimerais faire du bénévolat en compagnie des enfants. Ce qui m’intéressait, principalement, c’est de pouvoir interagir avec eux, de leur apporter quelque chose de ce que j’ai tant reçu de cette société, ainsi que de rester ouverte à encourager et à partager leur richesse intérieure. En tant qu’êtres humains, nous avons tellement de richesses en nous, desquelles nous ne connaissons pas toujours l’existence, tellement que nous ne les explorons pas consciemment, ni de façon significative. Il y a quelques années, j’avais décidé que ce ne sera pas nécessairement à l’intérieur de mon emploi que je voulais me réaliser, de développer tout mon potentiel, car tout mon potentiel passe avant tout à être pleinement humain, à explorer, à cultiver mon humanité… plus précisément, mon amour et ma bonté envers l’humanité, avec tout ce que cela comporte, mes limites et mes forces. C’est là toute la signification de la partie «Tzu» de mon prénom. Je ne crois pas en l’endoctrinement afin d’atteindre cette meilleure partie de soi et des autres, que ce soit dans la philosophie/les fondements ou la méthode pour y parvenir. Je crois en un amalgame de philosophies/fondements et de méthodes afin de considérer l’humain dans son ensemble, dans sa complexité. Une approche holistique afin de cultiver la fleur… afin de la voir s’épanouir est à mon avis merveilleuse.

Même si je travaille dans un milieu hautement psycho éducatif et que les quelques dernières années sont passées à me définir, à me construire, à m’outiller à partir d’éléments on ne plus psycho éducatifs, je ne crois pas en l’application de cette approche comme seul engrais à la culture de cette fleur. Une fleur a aussi besoin de la chaleur douce et bienveillante du soleil, et non seulement de sa rudesse frappante ; elle a besoin de quelques murmures de pluie et non seulement de sa force, de sa rudesse… On peut aussi bien par la douceur catalyser une métamorphose que par la force et la vigueur. On peut, par l’humour, aussi bien que par le sérieux, recevoir la Vie. L’équilibre et l’adaptabilité sont à mon avis très importants ! Si on ne se demandait pas si l’ensemble des nutriments qu’on offre à la plante est équilibré et approprié à sa nature, on ne se donne pas les chances à sa réussite…



Hier, en début de soirée, alors que je marchais enthousiasmée vers les Habitations Jeanne-Mance, je me surpris à avoir une pensée… que j’étais entrain de faire quelque chose de purement égoïste, seulement pour mon plaisir à moi. Aller aider ces enfants à faire leurs devoirs est avant tout un moment privilégié où je vais déguster à un plaisir de les voir s’épanouir et à me sentir épanouie en tant qu’être humain. Ce petit clin d’œil que mon cœur me faisait me disait : «Savoure, apprécie ce petit moment de péché mignon, comme, lorsqu’il y a plus de dix ans de cela, tu montais dans le train de Montréal pour Pierrefonds, afin de faire une journée de monitorat à Riverdale high school ! Croque dans cette Vie à belles dents ! Profite de ce plaisir si envigorant, cette re-possession de tes moyens, de ton pouvoir sur ta vie et sur le sens que tu veux lui donner !».

Je suis rentrée dans ce local improvisé temporairement en aide aux devoirs. Il y faisait froid, car c’était, en temps normal, un abri intérieur pour les joueurs de hockey sur glace pour qu’ils puissent s’y réchauffer et se reposer en hiver. Je ne crois pas qu’il y avait un système de chauffage. Quelques longues tables étaient alignées, convenablement réparties dans l’ensemble de la salle. Des enfants étaient déjà installés par ci, par là. Certains s’appliquaient à leurs devoirs avec des tuteurs bénévoles, alors que d’autres étaient accompagnés de l’un de leurs parents. Un petit groupe d’enfants au fond du local jouaient aux échecs. Je sentais que c’était un milieu pauvre et presque délabré, matériellement. Je crois que je n’avais jamais vu ça encore, ici, à Montréal. J’avais presque l’impression de me retrouver en Indes ou en Pakistan ou en Afrique centrale.

Lorsque je suis sortie de là, deux heures plus tard, je me suis sentie complètement dégênée, connectée humainement avec deux bénévoles et deux enfants en particulier, dont l’un m’avait donné ma première leçon de jeu d’échec et l’autre chez qui j’avais découvert un talent de future écrivaine. Lorsque nous avions terminé sa composition pour un exposé oral, son petit frère, qui venait aussi de finir ses devoirs, avait commencé à montrer à sa tutrice les rudiments du jeu d'échec. D'habitude, simplement l'idée de jouer à ce jeu stratégique me donne mal à la tête: un encombrement mental atroce m’accapare instantanément ! Or, hier soir, j’avais le cœur ouvert, surtout du fait que j’étais entrée dans ce local sans attentes. Mon mental était léger, flottant sur des nuages après une séance d’écriture avec cette petite fille joyeuse et travaillante ! Du coup, j’avais, moi aussi envie d’être de la partie et d’apprendre à jouer à ce jeu. Je me suis jointe à leur table, m’accotant sur la bordure, et j’étais prête à comprendre ce qu’il allait expliquer. Les pions de la rangée de devant avancent un pas à la fois seulement, à gauche, à droite ou en avant. Les chevaux font un L, les dames vont où elles veulent, peu importe le nombre de pas qu’elles veulent, les rois peuvent aller dans tous les sens, mais un pas à la fois, et tralali tralala… Oh ! Que je me suis amusée ! Laeticia, sa tutrice, elle aussi, prenait des risques. Aucune honte à savoir moins que ce petit garçon. On était nuls tous les deux adultes ensemble… haha… on a donc essayé à deux têtes contre un.. haha… Elle aussi, on sentait qu’elle avait le cœur ouvert : c’était un plaisir d’avoir fait sa connaissance !

samedi, septembre 27, 2008

Oh! Nuit magique!

Aujourd'hui, j'ai goûté à une soirée délicieuse... en compagnie des gens merveilleux, de la pluie, de la brume et du vent. En rentrant de ma soirée de practika-milonga, j'ai marché dans la nuit pluvieuse de l'avenue Du Parc. Le vent était d'une légèreté surprenante... la pluie tombait à peine plus fort que des cheveux d'ange dans un fond de brume qui soupirait. Je la trouve tellement délicieuse que je ne voudrais pas qu'elle s'arrête. Ma porte patio est en ce moment ouverte. Je continue à déguster cette légère brise. Tout-à-coup, des souvenirs des nuits pluvieuses taïwanaises me saisissent. J'aime cette familiarité qui me revisite... elle est si intemporelle, dépourvue de toute situation géographique !



Mes dernières danses, je les ai partagées avec un jeune homme qui prend des cours de tango dans une autre école, à Studio Tango. Je ne suis pas sure d'avoir toujours compris vers où il voulait me guider.. et malgré tout, ce fut des moments inoubliables... Il était attentif, compréhensif, musicalement réceptif, sensuel. Par moments, j'ai vécu des moments quasi érotico-poétique. C'est difficile à décrire...

J'ai aussi rencontré l'une de mes partenaires de danse, avec qui on a fait la plupart des tango dans les parcs de cet été. J'ai éprouvé un plaisir délicieux à l'observer alors qu'elle dansait avec un monsieur très doué, qui a été une âme chariatable en voulant bien partager son savoir-faire avec sa partenaire. Elle était délicieuse à regarder, car elle avait cette concentration, ce sérieux comme si elle était prête à tout moment à lui poser une question.



mercredi, septembre 24, 2008

Tai-chi sur des airs de tango


Dimanche passé, j'ai recommencé mes cours de tango argentin à Tango Fabrika. Je m’étais inscrite à un cours d’Inter 1, mais vu qu’il n’y avait pas assez d’étudiants pour le cours du dimanche de ce niveau, ils m’ont mis en Inter 2.

Je m’étais dite : « Pourquoi pas ? Je vais aller essayer le cours, je vais faire de mon mieux et essayer de ne pas prendre les choses trop au sérieux. » Je crois que ça a été : je m’y suis bien régalée !

Cette première leçon m’a éclairée sur beaucoup d’éléments que j’avais pressentis depuis mon début d’apprentissage de cette merveilleuse danse. Notre professeure nous a dit : « Le tango, ce n’est pas une série de pas qu’on exécute machinalement, l’un après l’autre. C’est plutôt entre les pas que ça se passe, hein. C’est entre ce pas et le prochain que quelque chose se passe, qu’on danse… ». Donc, prendre le temps de sentir la musique et de l’exprimer entre deux pas, de décorer avec des petites dentelles lorsqu’on a le temps entre deux pas, etc.

Cela vient exactement confirmer ce que je préfère du tango, que je décrirais comme une poésie qui se vit en mouvement. C’est précisément durant cette appréciation du moment entre un pas et le prochain que se passe toute cette poésie… et plus un tango est lent, plus il me permet de vivre ces moments.

Dans nos cours, on change souvent de partenaires, afin de ne pas prendre l’habitude de danser avec qu’une même personne, afin de pratiquer notre capacité d’écoute des mouvements de l’autre, notre adaptabilité… afin d’apprendre des différents partenaires.

Le dernier partenaire que j’ai eu, j’ai adoré son style de guidage. Ce n’était pas nécessairement un guidage des plus ferme, mais c’était clair tout de même ce qu’il voulait faire. Toujours est-il qu’à un moment donné, comme ça, tout d’un coup, je lui ai demandé s’il faisait du tai-chi. Je voulais dire par là, s’il faisait du tai-chi dans sa vie, en général, ce qui aurait pu se traduire dans son guidage du tango, car il guidait avec une douce fluidité très ancrée dans le moment présent, ce qui était vraiment agréable. Par ailleurs, je pouvais aussi sentir du point de vue des énergies une ardeur contenue, discrète et intense lors de ces dernières danses. Je crois que c’est l’un des moments géniaux en tango où la danse est passée du mental au corps-à-corps. Les pensées se sont échappées pour faire de la place à deux masses d’énergie qui rentrent en symbiose. Dans ces moments-là, c’est comme si on est dans une transe, dans un état de la fièvre de l’âme.

jeudi, septembre 18, 2008

Leçon de vie sur la compassion sur une piste de danse en compagnie d'un septuagénaire

Ce soir, je viens de danser à une toute petite soirée de tango argentin. Ma dernière série de danses a été avec un septuagénaire qui était d'une lenteur de tortue adorable...

Je crois que j'ai réalisé ce soir le sens profond de ce que le Dalaï-lama voulait dire lorsqu'il disait que, au fond, toutes les grandes religions ou philosophies du monde ont essentiellement les mêmes messages: bonté, compassion, amour de ses semblables, autodiscipline, etc. Cependant, vu que ces gens ont vécu à différentes époques, ont évolué dans des circonstances différentes, ils ont développé des outils différents, des façons différentes, des traditions, des rituels différents afin d'arriver aux mêmes résultats. Donc, on ne peut en quelque sorte en vouloir aux gens pour leurs différences.. Et que l'important dans toutes ces différences, c'est qu'on poursuit, qu'on aspire à sensiblement les mêmes choses dans la vie.

C'est la même chose en tango argentin. Depuis que je pratique cette danse, je suis toujours assez interloquée de constater sur chaque piste de danse les différences dans l'approche qu'a chaque danseur. Certaines personnes sont très intuitives et t'encouragent à te laisser aller, à t'amuser dans ça. D'autres, comme ce septuagénaire, fait partie d'une culture d'hommes d'une certaine époque révolue où le fait de donner beaucoup de directives, de «conseils» étaient fort de mise. Alors là, oubliez l'intuition, le ressenti. C'est presque du technico-technique!!! «Palm open.», «Come and get me.», «All you have to do is to stay in front of me.», «No, not like this.», «Yes, that’s right. You’ve go it beautifully.», etc. Par ailleurs, je ne peux pas dire que je n’ai pas retiré un certain plaisir à partager ces quelques danses avec ce vieux monsieur, car, tout de même, j’ai réussi à vivre un peu de poésie, vu de combien on allait toujours si lentement. Et, bien sûr, la poésie, c’est ce que j’aime le plus vivre lorsque je danse un tango. Ce que j’aime du tango, c’est plus pour son non mouvement que ses mouvements. C’est, à mon expérience, là où se vit les moments poétiques……..

Je dirais que j'aurais été insultée auparavant, de me faire dire à chaque pas comment danser... mais ce vieux pépé, dont la vitalité ne se comparaissait même pas à celle de mon grand-père maternel... et bien, je l'ai trouvé tout de même chou... d'ailleurs, j'ai souri et ri à maintes reprises en dansant avec lui. Je me disais... ce vieux monsieur... quand même, hein. Il avait de bonnes intentions. C'est seulement que sa façon de vouloir me transmettre son savoir-faire manque un peu de tact et de douceur pour une jeune femme de mon époque... mais sinon, il faisait vraiment de son mieux, avec les meilleures intentions du monde, j'en suis sure.

Peut-être que j’avais une ouverture ce soir… qui donnait une possibilité d’avoir de la compassion pour un autre être humain. Peut-être qu’après tout, c’est toujours une question d’ouverture ou de non ouverture ?